28 Fév

Une soirée présidentielle pas comme les autres

Le 28 février 2014, une délégation du Collège Martin Luther King de Ziniaré, essentiellement constituée d’élèves de la 4ème et de la 3ème, a eu le privilège d’assister à la représentation de la pièce « Une nuit à la présidence », au sein du CITO, le Carrefour International de Théâtre de Ouagadougou. Cette pièce est un spectacle hautement engagé qui jette un regard critique sur la gestion du pouvoir au Burkina Faso et en Afrique en général. Elle donne une voix à ceux, qui ici, n’en ont pas et aborde tous les sujets épineux de l’actualité africaine.

Malgré son fond sérieux, elle garde une surface légère, amusante et malgré tout éducative. Mise en scène par Jean-Louis Martinelli et magnifiquement interprétée par une troupe composée d’acteurs talentueux comme Odile SANKARA, Blandine YAMEOGO, Moussa SANOU et de musiciens reconnus sur la scène artistique burkinabé comme la chanteuse WENDY et le chanteur/compositeur Bil AKA KORA. Cette représentation a beaucoup plu aux élèves qui y ont assisté et a provoqué de vifs débats dans le bus sur le chemin du retour.

     Deux sofas luxueux situés sur les cotés de la scène, un buffet digne de la haute bourgeoisie, 4 micros sur pieds et le décor est planté. Toute la pièce se passe dans le salon présidentiel où, le chef de l’Etat et sa femme, reçoivent un important investisseur minier français. En plus de ce prestigieux invité, le président a convié un groupe de musiciens pour animer la soirée. Malheureusement pour lui, il se trouve que chacun des membres de ce groupe a une ou deux choses à lui dire à propos de sa politique. Le coup de feu de départ est tiré lorsque ces musiciens entonnent leur composition « Partir », véritable hymne à l’émigration clandestine. A partir de ce moment on assiste sur le plateau à une joute verbale féroce entre les musiciens et les personnages symbolisant le pouvoir. Et comme si cette assemblée ne suffisait pas, une autre personnalité s’invite à cette petite soirée qui a déjà tourné au désastre : la ministre de la culture Aminata Touré, une femme qui n’a décidemment pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à prendre le parti des plus démunis.

     C’est au cœur de cette ambiance électrique et pourtant pleine d’ironie et d’humour que va se dérouler une véritable charge contre le pouvoir en place au pays des hommes intègres. La fourberie des politiciens et des bailleurs de fonds, l’Afrique et ses maux, la corruption, la mal-gouvernance, la misère des populations, la prostitution, les problèmes des artistes dans l'exercice de leur métier, l'invasion du marché par les Chinois sont les différents thèmes évoqués par cette pièce satirique, véritable tribune pour les peuples méprisés qui, à travers les personnages des musiciens, font entendre leurs voix avec un humour dévastateur. A la fin de la pièce, le ton devient plus sérieux avec l’apparition du personnage d’Aminata Touré, la ministre de la culture (magnifiquement interprété par Odile SANKARA) qui est une référence directe à la femme politique et auteure engagée malienne du même nom. Cette dernière a d’ailleurs participé à la création de cette pièce. Le point d’orgue arrive lorsque les musiciens entonnent une version musicale du discours sur la dette de Thomas SANKARA prononcé à Addis Abeba en 1987. Cet appel aux paroles du dernier grand leader du Burkina Faso est un véritable coup de maître qui donne un sens profond et une force admirable au propos et appui l’engagement politique de cette pièce dans laquelle rien n’est laissé au hasard.

Par Mlle Ouedraogo Grace, Mrs Kologo David et Haushofer Leopold

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